Soyons clair. C’est une annonce inespérée ! Pour nous, photographes qui jonglons entre la précision du numérique et le grain magique de la pellicule, l’annonce de développement de Capture One est un véritable séisme. Tenez-vous bien ! La prochaine version de Capture One Pro va intégrer un outil natif de conversion des négatifs. Allez, je le redis, tellement cette info me met en joie. Un outil natif de conversion des négatifs. Pas un vulgaire plugin, pas un add on, pas un truc exotique à acheter en plus. Non. Une vraie fonctionnalité intégrée de manière native dans Capture One Pro. Et si c’était le chaînon manquant pour un flux de travail 100% cohérent ?

Conversion des négatifs et Capture One Pro
Le calvaire du négatif en numérique
On ne va pas se raconter d’histoire, numériser ses films avec un boîtier hybride a toujours été une source de frustration logicielle, quand on bosse comme moi avec Capture One Pro. Jusqu’ici, inverser un négatif couleur relevait de l’alchimie. Il fallait jouer avec les niveaux, inverser les courbes, se battre contre ce satané masque orange qui pollue les ombres… Pour finir, bien souvent, par exporter un TIFF et le retravailler dans Photoshop ou céder aux sirènes de plugins tiers. J’en suis même arrivé à me demander si je n’allais pas acheter Negative Lab Pro et prendre une licence Lightroom, c’est vous dire mon niveau de désespoir.
Pour un logiciel qui se targue d’offrir la meilleure gestion des couleurs du marché – et je confirme, pour être un utilisateur assidu de C1Pro depuis des lustres – c’était une lacune criante. Une verrue sur un workflow par ailleurs exemplaire. Mais les choses devraient changer, c’est du moins la promesse.
L’outil dont j’ai rêvé, sans jamais oser le demander.
Ce que Capture One nous promet avec cette mise à jour, ce n’est pas un simple filtre inversion, mais une intégration profonde. Imaginez deux secondes le schéma. J’importe mes fichiers RAW issus de ma numérisation avec Z9. D’un clic, le logiciel identifie le type de film, neutralise la base orange et me rend une image positive avec des curseurs d’exposition qui fonctionnent… à l’endroit !
C’est là que réside la magie. En mode manuel, augmenter l’exposition sur un négatif inversé via les courbes assombrit l’image. Un non-sens ergonomique qui brise la créativité. Ici, l’outil réinterprète la donnée RAW pour que le curseur de luminosité agisse naturellement sur le positif. On retrouve la fluidité de traitement que l’on a sur nos fichiers natifs.
Un bond de géant pour l’hybride.
J’en ai souvent parlé ici : la numérisation par boîtier numérique est devenue la norme pour ceux qui exigent à la fois de la résolution ET de la rapidité. Avec un capteur comme celui du Z9 (45mp), le potentiel de détail dans un négatif 24×36 est phénoménal. Seul bémol, le logiciel doit suivre.
En intégrant cette fonctionnalité nativement, Capture One ne se contente pas de rattraper son retard sur Lightroom. Il offre aux puristes de la couleur une plateforme unique. On connaît la science des couleurs de Phase One : si le rendu des tons chair sur un négatif Kodak Portra est aussi fidèle que ce qu’ils proposent sur leurs profils boîtiers, nous allons atteindre un niveau de réalisme inédit.
Le grain et le pixel. Vers la réconciliation ?
Les sachants, toujours les mêmes suivez mon regard, vous diront que l’argentique doit rester au labo (bla bla bla). Je pense au contraire que la technologie doit servir l’intention. Pouvoir traiter ses scans de Kentmere ou de Kodak Portra avec la même puissance de calcul, le même moteur de dématriçage et la même précision d’accentuation que nos fichiers de reportage numérique, c’est un luxe dont on ne pourra plus se passer.
En conclusion, est-ce parfait ? J’attends de voir, il faudra juger sur pièce, notamment sur la gestion des hautes lumières (les noirs du négatif) et la capacité du logiciel à mémoriser des profils de films personnalisés. Mais une chose est sûre : mon workflow s’apprête à prendre un sacré coup de jeune.
Film is not dead. Il vient juste de trouver son meilleur allié numérique. On attend la version finale avec une impatience non dissimulée. On en reparle très vite, test à l’appui. Nous allons vers les beaux jours.
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Consulter les notes de version de Capture One 16.7.4


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