Il y a quelque chose de charnel dans le négatif. Une bande de triacétate, cette petite fenêtre argentique qui a capturé un instant de vie, ça a longtemps été l’ADN même du métier de photographe. Sur mon bureau, même si je travaille aujourd’hui majoritairement en numérique, l’odeur du fixateur n’est jamais loin. Pourtant, je vous le dis sans détour : laisser dormir vos archives, au pire dans des boîtes à chaussures, au mieux dans des classeurs, c’est jouer à la roulette russe avec votre patrimoine, avec votre mémoire.

Numériser et sauvegarder ses négatifs.
La fragilité de l’instant physique
On se croit immortel, alors on pense que nos archives le sont aussi. C’est une parfaite illusion. Le film est une matière organique. Il subit les outrages du temps, l’humidité, les moisissures et, parfois, le drame absolu.
J’ai encore en mémoire le tragique incendie de l’atelier Plisson en 2010. Ce jour-là c’est toute une partie du travail de ce photographe qui est partie en fumée. Plus récemment des archives de photographes de presse ont disparu dans les flammes lors d’incendies de studios ou de laboratoires. Quand le feu passe, il ne reste rien. Rien. Pas même une ombre. Un négatif qui brûle – et croyez-moi, un négatif ça brûle vite et bien – c’est une mémoire qui s’efface définitivement de la surface du globe.
La numérisation c’est l’assurance vie.
Numériser, ce n’est pas trahir l’argentique. C’est lui offrir une assurance vie. Aujourd’hui, avec des boîtiers haute définition comme le Nikon Z, le scan au capteur permet de récupérer une dynamique et un piqué que nos vieux agrandisseurs ne pouvaient que rêver d’extraire.
La numérisation permet de figer l’état de la pellicule à un instant T. On nettoie les poussières numériquement, on redonne du contraste à un film voilé, mais surtout, on crée un double numérique capable de voyager, d’être stocké à l’abri de l’outrage du temps.
Le Cloud, la sauvegarde hors site
Avoir ses scans sur un disque dur externe, c’est bien. Disons que c’est un bon début. Mais si votre maison brûle ou si l’on vous cambriole, le disque part avec le reste. C’est là que le cloud entre en scène.
Certains puristes (toujours les mêmes, suivez mon regard) froncent le sourcil : « Le cloud, c’est l’ordinateur des autres ». Certes. Mais c’est surtout un coffre-fort dématérialisé, redondant, accessible de partout. Envoyer ses fichiers RAW de numérisation sur une solution cloud sécurisée, c’est s’assurer qu’en cas de catastrophe thermique ou hydrique, votre regard sur le monde survivra.
En conclusion, au boulot !
On est d’accord, le négatif reste l’original, la pièce maîtresse. Mais le fichier numérique stocké sur le cloud est son ange gardien. Ne faites pas l’économie d’une réflexion sur votre archivage. On ne regrette jamais d’avoir sauvegardé, on ne regrette que de ne pas l’avoir fait à temps. Alors, sortez vos vieux classeurs (ou vos boîtes à chaussures), allumez le scanner ou sortez le banc de reproduction. Il est temps de mettre vos souvenirs à l’abri.
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