C’est une petite musique que les fidèles de la première heure (dont je suis) connaissent bien. Cette attente fébrile qui précède chaque mise à jour majeure de Capture One. On espère le retour du grand soir, la révolution ergonomique, ou simplement l’outil qui va justifier l’abonnement (ou la licence) toujours plus onéreux (on en reparlera). Mais cette fois, le réveil est brutal. On nous annonçait un outil de conversion des négatifs, un truc facile en un clic, mais force est de constater, à la lumière de la présentation d’hier en visio conférence, que la réalité est tout autre. Et pour vous dire les choses comme je le pense, sur ce coup-là, Capture One me déçoit.

Capture One. Le rendez-vous manqué.
Conversion des négatifs, la douche froide
On nous l’avait promis, on nous l’avait survendu cet outil de conversion des négatifs. Pour ceux qui, comme moi, continuent de chérir le grain de l’argentique tout en exigeant la précision du flux numérique, c’était plus qu’une promesse, c’était le Graal. On imaginait déjà pouvoir remiser nos vieux plugins ou les méthodes artisanales de l’inversion de courbe.
Sur le papier, l’idée était séduisante. En pratique, c’est un peu une douche froide. On nous avait présenté l’option de conversion des négatifs, en particulier des négatifs couleur, comme l’outil miracle. Un clic sur une icône et le tour était joué. La réalité est nettement plus complexe.
Le calvaire de la couleur reste un calvaire
Si sur du noir et blanc, on s’en sort avec un peu de jugeote, la conversion couleur relève du parcours du combattant. Et de ce point de vue, cette nouvelle option de Capture One ne fait pas de miracles. Une fois le masque orange supprimé, il faut entrer dans un dédale de réglages. Trouver un point gris dans l’image, l’isoler, pour sélectionner la balance des blancs correcte. Pendant la démo, l’image a été soigneusement choisie. Une façade d’immeubles, dont l’un est peint en gris. Encore faut-il trouver une zone de gris sur son image, pour taper la balance des blancs qui équilibre les couleurs.
Il faut jouer avec des curseurs, optimiser les niveaux, tâtonner, sélectionner une option ici, cocher une boîte là… Le flux de travail manque cruellement de fluidité. On multiplie les clics, là où l’intelligence logicielle devait nous simplifier la vie. Finalement, j’ai la désagréable impression que je vais passer passe plus de temps à lutter contre l’outil qu’à peaufiner mes images. Pour un logiciel qui se targue, à juste titre, d’être l’étalon-or des dérawtiseurs, c’est difficilement acceptable.
C’est quand qu’on va où* ?
Au-delà de l’aspect technique, c’est la direction prise par l’éditeur qui interroge. À force de vouloir courir après des fonctionnalités « gadgets » pour séduire un public plus large, Capture One risque de perdre son ADN : la rigueur et la qualité de traitement irréprochable. On ne demande pas la lune. On demande des outils qui fonctionnent, qui respectent notre temps et notre vision photographique. Aujourd’hui, le compte n’y est pas. La déception est là et le rêve de l’outil magique s’estompe. Il va falloir faire mieux, beaucoup mieux, pour me redonner le sourire. En attendant, je retourne à mes anciennes méthodes. C’est plus long, c’est plus artisanal, mais au moins, c’est juste.
Et la mise à jour Capture One, on en parle ?
J’ai acheté une licence perpétuelle en 2024, au prix fort (369€). Je pensais, naïvement j’en conviens, que j’aurais la possibilité de faire la mise à jour de ma licence ? Que nenni et c’est écrit sur le site Capture One : « La licence perpétuelle est valable pour la version en vigueur au moment de son activation. Elle n’inclut pas les mises à jour ultérieures ». Tout au plus Capture One me propose une remise de 20% sur l’achat d’une nouvelle licence perpétuelle, au prix fort. En clair, si je garde ma licence pendant deux ans et que je la renouvelle pour deux ans, la facture totale s’élève à 664€. On l’a compris, Capture One n’a pas d’intérêt à nous vendre des licences perpétuelles. On veut nous vendre des abonnements mensuels à trente balles (19,33€ par mois si vous payez une année d’avance), marchant ainsi dans les pas d’Adobe Lightroom.
Alors ? Suis-je donc condamné à mettre à jour ma licence perpétuelle qui n’a de perpétuelle que le nom ? Oui, d’autant que si je ne le fais pas avant la fin de la période des 24 mois, je ne pourrai plus le faire du tout. C’est le genre de diagonale du fou que je déteste. C’est aussi le prix de la fidélité à un logiciel que j’utilise et que je recommande depuis des lustres.
cet article n’est pas sponsorisé (…)
*une pensée pour Renaud Séchan, à qui j’ai emprunté le titre d’une de ses chansons.

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